
Je ressors après mon premier rendez-vous avec tout un tas d’ordonnances, et un objectif en tête : tomber enceinte des la première stimulation! Car finalement pourquoi pas? Le discours des médecins est assez encourageant et ils ne m’ont parlé que d’embryons, de grossesse, de bébés… Nous n’avons pas abordé l’éventualité d’un échec alors pourquoi y penser?
Les injections commencent, je suis ancienne infirmière et je gère seule chaque matin, cette aiguille qui traverse ma peau pour déverser ces hormones dont je manque… Bien sûr en quantité supra physiologique ! La sensation n’est pas horrible, bien sûr le produit brûle mais a ce moment là, la douleur n’est pas un obstacle … Je sais pourquoi je me pique, je sais pourquoi j’ai mal et pourquoi mon ventre est plein de bleus: je vais tomber enceinte c’est sur!
Mes semaines sont maintenant rythmées par: l’horaire fixe des piqûres (chaque matin, a 7h30, je me lève même les week-end ne voulant pas décaler ne serait ce que d’une seule minute de peur de tout gâcher) les prises de sang de contrôles tous les 3 jours (lever 5h30 pour être au labo avant 6h, car il y a une file d’attente de l’enfer, et que je dois être a l’heure au travail…), les échographies de contrôle tous les 3 jours, avec horaires imposés qui m’obligent a jongler avec le travail, et les rendez-vous en Visio avec la gynéco pour les conduites a tenir et les modifications suite a tous ces contrôles bref une sacrée charge mentale supplémentaire dont personne ne m’avait parlé !
Parlons donc de cette charge mentale qu’est cette première partie de stimulation! Ces piqûres, ces examens, ces rendez vous avec des horaires imposés, on ne nous demande jamais notre avis et c’est à nous de nous organiser! Je travaille pour mon compte et ça a déjà été une sacrée charge que de gérer le quotidien, le travail et ces rendez vous, je n’ose imaginer lorsque vous êtes salariés… C’est une chose qui devrait être abordée lors des premiers entretiens, on est mise devant le fait accompli et notre charge mentale, et donc le stress, augmente!
Je ne parle même pas des effets indésirables des piqûres… chaque jour la fatigue augmente une fatigue que je ne connaissais pas avant, une fatigue qui te cloue au lit à 14h et qui pourrait t’y maintenir jusqu’à 18h si tu n’avais pas de volonté.. Un ventre si tendu et douloureux que tu ne rentres plus dans tes pantalons (alors que tu n’es pas enceinte, double peine), des migraines, des nausées parfois… le bonheur quoi! Mais je me dis: c’est pour la bonne cause. Peu importe ce que je traverse je vais devenir maman…
Lors des premiers contrôles échographiques, le couperet tombe: mon corps ne répond pas bien, la croissance folliculaire est lente et mes taux hormonaux ne sont pas optimaux. Les médecins augmentent les doses des injections petit à petit et la stimulation se prolonge… A chaque contrôle, l’espoir que je sois enfin prête à passer au bloc pour la ponction, à chaque contrôle la douche froide: » on fait encore 3 jours », « l’endomètre n’est pas optimal », « les ovaires ne sont pas prêts ».
La stimulation s’éternise, dure plus de 18 jours, puis enfin, la date est fixée pour dans 3 jours. Trois petits jours à attendre avant de passer au bloc et plus que 6 jours avant d’avoir mon bébé dans mon ventre (à cette étape il est tout à fait clair dans mon esprit que cela va se dérouler comme dans les livres, que rien ne viendra entacher ce scénario)
Mais ce récit est déjà beaucoup trop long et je continuerai lors d’un prochain article l’aventure de la première ponction.

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